• Rebellion festive, le cas Halloween

     



    Avant 1995 personne ne connaissait même l'existence de la fête anglo-saxonne d'Halloween. Apres 1995, tout à coup c'était :"Wouah ! Super c'est Halloween, je me déguise en vampire et j'ai huit ans et demi".
    Je sais, avec la fête de la musique, et les autres différentes fêtes artificielles (la gay-pride, la techno-pride, la beaujolais-nouveau-pride et on parle déjà d'une future choucroute-pride voire d'une je-suis-chiant-pride) on s'est habitué à n'attendre qu'un prétexte pour aller consommer nos excédents de pinard.
    Mais là ou Halloween bouleverse le schéma habituel, c'est qu'il ne s'agit pas d'une fête censée être alcoolisée, ou même branchouille délire. Non! C'est juste un quelconque bal masqué, identique à nos fêtes de fin d'année en école primaire. D'habitude, quand des adultes se déguisent c'est plus souvent pour une soirée sado-maso latex et fouet, voire pour danser sur la sublime musique de la compagnie créole (parfois les deux en même temps).



    Alors pourquoi tout à coup, en cette fin octobre 1995 (vers le 31 pour être précis), des adultes ont accepté de se comporter comme des gamins avec des chapeaux pointus et des fausses dents? Le consensus général de ceux à qui j'ai posé la question est de dire que cette fête fut crée et développée par les marchands: Une fête commerciale, pour vendre, déguisements, coussins péteurs, sang artificielle et toiles d'araignée en vrais poils de fausse laine.
     Et c'est une autre singularité d'Halloween. Car personne ne considère par contre, que les 5 autres réjouissances modernes "techno/gay/beaujolais/musique/nuitblanche-Pride" sont, elles, commerciales. Et ceux qui ont parlé d'un objectif consumériste de ces autres fêtes sont actuellement dans la Seine avec des bottes en béton armé aux pieds. Ils se furent donc forcement trompés dans leur analyse. Car selon l'adage berrichon "Si t'es mort, t'as tord".



    Voilà donc la seul fête assumée comme étant purement commerciale, dénué de tradition, et ne véhiculant aucunes valeurs. Et on ne peux attribuer l'engouement qu'Halloween suscite chez nous, par une passion française pour l'Amérique, d'où nous vient cette tradition. Vu que l'axe du mal de ce coté-ci de l'atlantique c'est l'axe New-York/Washington.



    Pourtant commercialement, Halloween est un échec complet. En France, les recettes générées sont 20 fois inférieures à celles des fleuristes le jour de la Toussaint. Nous sommes en présence de la seule fête généralement considérée comme commerciale, qui de facto ressemble fortement à un flop économique.
    Il faut se rendre à l'évidence, un éventuel déguisement, sera souvent réutilisé d'une année sur l'autre, ainsi que les décorations diverses censées égayer le décor.
    Et comme les enfants ont été évincés de la fête, malgré la coutume de racket de bonbons du « tricks or treats » , les confiseurs n'y gagnent rien.



    Si cette fête destinée historiquement aux enfants a trouvé un public adolescent qui refusent de passer de maison en maison en chantant des airs débiles, c'est d'abord parce que le Français, malgré (ou grâce) à la Star Académie considère la chanson comme une performance vulgaire et honteuse. Les rares chanteurs dont la célébrité a survécu à leur mort sont ceux à qui l'on pouvait prêter des intentions poétiques. Malgré les ventes de disques, et les tubes radio-diffusés, le Français dédaigne la musique, et jamais il ne forcera son gosse à se ridiculiser en chantant sur le porche de ses voisins.



    Ainsi donc, Halloween, né d'une volonté commerciale, est en fait un acte de rébellion violent, des adultes français face à la dictature de l'entertainement imposé. C'est simple à coté d'un jeune fêtard qui participe à Halloween, Alain Soral (si tu ne le connais pas, tu dois detester Halloween) ressemble à un petit bourgeois étriqué orateur du politiquement correct le plus abject. 
    C'est bien simple je prend le pari que l'ancien rappeur de Lunatic, qui chantait « seul le crime paie » et qui est devenu le doc-gyneco de la télé réalité se rendant compte que vendre son boul à TF1 ça rapporte aussi pas mal, n'a jamais Oh ! Grand jamais participé à Halloween. Et l'autre ex- cyberpunk rebelle trash de Maurice Dantec qui affirme son soutien à de Villier pour les élections 2007, lui carrément, il doit interdire à ses enfants qui vivent au Canada de participer à cette fête hautement provocatrice et anti-sociale.



    Le fait même de se déguiser en monstre est un camouflet terrible à tout l'establishment, et à la fièvre d'achat que l'on tente de nous imposer. Car un vampire ne nique pas son forfait en texto, et une sorcière ne s'habille pas en Pradha (ni en Pravda mais la n'est pas le sujet).
    Participer à Halloween c'est aussi pisser au nez de la vieille tradition chretienno-shintoiste de respect des morts, c'est déculpabiliser l'agnostique, c'est au final le retour de la fête des fous du moyen-age, popularisé par Hugo, et récuperé par Rome pour en faire une orgie de consommation sponsorisé par Jésus Christ.
     
    Alors, si toi aussi tu es rebelle déguise-toi en Pimprenelle. Chante et danse pour Halloween, car c'est le dernier espace de liberté du XXIème siècle.


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